Le tourisme éco-responsable

J’adore voyager et pourtant, dans ma conscience j’ai aussi énormément envie d’être fidèle à mes principes écologiques, de veiller à prendre soin de la planète. Est-ce que je dois pour autant renoncer à découvrir le monde et la richesse de ses cultures ? Je trouve ça dommage car je pense que c’est en découvrant le monde qu’on apprend aussi sur soi et sur la vie qui nous entoure.

Comment faire alors ? Tout est à mon sens à prendre avec poids et mesure. Ne pas être extrémiste, être tolérant, accepter que les autres soient différents, les sensibiliser sans les forcer, ne pas faire taire ses envies, apprendre à les modérer, à les jauger.

Nous essayons de faire un grand voyage par an en amoureux et un autre en Europe en famille. L’idée est de limiter les trajets en avion sans pour autant s’en priver. Et surtout, quand on se déplace, se comporter en touriste responsable.

J’entends quoi par tourisme éco-responsable ?

L’idée est de découvrir le monde, ses cultures, ses richesses et ses paysages. Ce n’est pas de surconsommer dans les aéroports ou sur place, des cochonneries à grignoter dans des sachets en plastique, d’acheter plein de souvenirs dont je ne vais pas avoir besoin, de cadeaux à mes proches dont ils ne sauront finalement pas quoi faire. Si j’achète quelque chose c’est pour soutenir une cause ou parce que c’est de l’artisanat local qui va contribuer à faire vivre une famille sur place et non pas un système économique touristique.

L’idée c’est aussi de refuser systématiquement les sacs en plastique et tout ce qui peut générer des déchets de façon générale, privilégier la gourde que l’on emmène et que l’on remplit autant que possible aux bouteilles d’eau de 50cl que l’on va accumuler. De plutôt prendre les transports en commun ou marcher et éviter les chauffeurs privés. De plus en plus il existe des hôtels ou lieux de séjour écologiques, les choisir c’est aussi réduire son empreinte écologique de touriste sans pour autant laisser tomber son amour des voyages.

L’exemple du Anana Ecological Resort à Krabi en Thaïlande

Si vous cherchez un lieu éco-responsable pour vous reposer sans rogner sur votre confort je ne peux que vous conseiller de séjourner au Anana Ecological Resort.

Nous avons eu la chance d’être accueillis par son fondateur, un Australien qui rêvait de pouvoir créer un complexe différent, qui impacte le moins possible la nature. Il a embauché des locaux qu’il considère comme sa famille et qu’il traite avec beaucoup de respect (nous l’avons vu petit-déjeuner avec un de ses salariés en toute amitié).

Il a créé un jardin responsable où il cultive les fruits, légumes et aromates dont il a besoin pour son hôtel, il a mit en place des navettes gratuites à faible émission de carbone pour éviter à ses clients de faire appel à des chauffeurs privés pour se déplacer. Les verres sont faits à partir de bouteilles en plastique recyclées, il propose un restaurant vegan, l’hôtel est très aéré pour que l’air circule sans utiliser la climatisation dans les parties communes et dans la salle de bain, ce ne sont pas des mini bouteilles de shampoing et gel douche en plastique mais de jolis contenants qui sont remplis à chaque besoin.

Il prend le temps lorsque l’on arrive et s’il le peut de discuter avec nous pour nous sensibiliser à tout ça, à ses valeurs écologiques et au rôle que l’on peut tenir en tant que touriste. C’était à la fois une très belle rencontre et un séjour qui n’avait rien à envier aux hôtels de luxe. Je vous laisse d’ailleurs découvrir cet endroit en images

Krabi Elephant Sanctuary, l’exemple de l’éthique animale

Tous les 100 mètres en Thailande nous avions des stands touristiques qui nous invitent à faire d’incroyables excursions bien trop chères payées. Parmi elles, la promenade à dos d’éléphant. Autant que possible, évitez toutes les activités qui impliquent des animaux. Aimeriez vous promener quelqu’un sur votre dos pendant des heures ? C’est déjà difficile quand c’est notre propre enfant alors imaginez des inconnus à la suite. Les éléphants sont comme beaucoup d’autres espèces, menacés d’extinction. Et si je vous disais que vous pouvez vivre un moment unique avec des éléphants sans leur faire aucun mal bien au contraire et en soutenant une superbe association ? C’est le cas pour Krabi Elephant Sanctuary.

Il s’agit d’un lieu où les éléphants maltraités, fatigués ou jugés trop vieux sont recueillis pour être soignés, chouchoutés et autant que possible : libres. En effet, en arrivant on nous explique les conditions difficiles de survie des éléphants en liberté en Thailande, soumis au braconnage ou à l’exploitation touristique. Pour les protéger la seule solution est d’acheter les éléphants mais aussi d’acheter des terres où ils seront libres et protégés. Mais tout cela coûte très cher. Une idée très simple est alors née : et si les touristes qui partagent eux aussi ces valeurs participaient au fait de prendre soin des éléphants le temps d’une demi-journée ? Pour inverser les rôles et que l’homme soit au service de l’animal et non l’inverse.

Un éléphant peut vivre jusqu’à 100 ans et 80 ans en moyenne. Pourtant c’est rarement le cas. Il y a 3 éléphants au Krabi Elephant Sanctuary qui a ouvert début 2018, dont GrandMa, cette femelle éléphant qui n’a que 55 ans mais qui est déjà âgée dans les conditions de vie actuelle de cette espèce. On nous explique que les éléphants sont très fragiles, ils peuvent mourir d’une diarrhée en 6 heures. Ils sont très sensibles à l’environnement et les soigner coûte très cher. Tristement, on nous informe que depuis l’ouverture 6 éléphants ont déjà perdu la vie, morts de fatigue, de maltraitance ou de conditions alimentaires insuffisantes et qui n’ont pas pu être sauvés, manque de moyens souvent (transporter un éléphant à la clinique vétérinaire est très compliqué).

Avec beaucoup de tolérance, on nous explique aussi que les éléphants ont une histoire avec l’homme depuis longtemps, que l’on comprend qu’un éléphant puisse travailler pour le transport mais que, comme pour nous, il y a des limites et qu’au delà de 4 heures d’activité un éléphant est fatigué, c’est pourquoi notre visite ne durera que 3 heures, pour leur bien-être et le nôtre.

Nous commençons donc par nous présenter à eux, devenir leur ami en partageant un apéro. On leur donne à manger : de la canne à sucre, de la papaye et de l’ananas (sauf à GrandMa, elle n’aime pas ça). On apprend à les connaître et à se laisser apprivoiser. Ensuite on leur prépare à manger : des boulettes naturelles avec des vitamines pour prendre soin de leur santé. On leur donnera ces boulettes directement sur la langue.

C’est alors qu’un gros orage gronde. On nous explique que les éléphants ont peur de l’orage, on les laisse se réfugier et l’on patiente en discutant. On verra après s’ils se sentent de sortir pour aller se balader et prendre leur bain. Heureusement l’orage ne dure pas et nous partons tous ensemble dans la boue et la jungle pour nous promener. Si on veut, on peut les recouvrir de boue, ils ont déjà commencé avec leur trompe et cela fait du bien à leur peau. C’est un moment incroyable. Puis nous allons avec eux dans une grande mare où ils se baignent avec plaisir pendant qu’on leur gratte le dos pour les laver. À la fin de cette expérience, je décide d’acheter des petits éléphants pour soutenir l’association tout en ramenant un petit cadeau à mon fils pour lui partager cette expérience.

Comme vous le voyez, voyager n’est pas forcément synonyme de faire du mal à la planète. Sans tourisme, des lieux comme Krabi Elephant Sanctuary ne pourraient pas exister, nous n’aurions pas pris conscience de qui sont vraiment les éléphants et de l’importance de les protéger autant là-bas, que chez nous en faisant attention à la façon dont nous consommons.